Disparition d’espèces

Relayé par le site Tela Botanica cet article du Nouvel OBS Science nous indique que l’anthropocène a réellement commencé !

L’humanité est-elle en train de provoquer elle-même une extinction massive, à l’instar de celle qui a fait disparaître les dinosaures ? Et pourra-t-elle réparer les dégâts ?

 

Elle s’appelait Martha, du nom de la femme de George Washington, et elle avait 29 ans. Voici cent ans, le 1er septembre 1914, elle s’éteignait au zoo de Cincinnati, aux Etats-Unis. Elle était la dernière des pigeons migrateurs, ou tourtes voyageuses. Cette espèce, propre au continent nord-américain, comptait plus de trois milliards d’individus au début du XIXème. Un siècle plus tard, elle était éteinte.

Un exemple, peut-être un peu plus visible que d’autres, de l’influence de l’Homme dans la réduction de la biodiversité. Une influence que vient de chiffrer une équipe de scientifiques emmenée par Jurriaan de Vos, de l’université de Brown (USA), qui publie une étude dans le journal « Conservation Biology » selon laquelle le taux d’extinctions serait aujourd’hui 1.000 fois plus important que pendant les 60 millions d’années avant que l’humanité n’apparaisse.

S’il est aujourd’hui possible de comptabiliser les extinctions d’espèces, pour mesurer l’impact global de l’Homme, il est nécessaire d’avoir un point de comparaison. C’est à cela que se sont attaqués les chercheurs, qui ont étudié à la fois les fossiles et l’évolution des arbres généalogiques des espèces (la phylogénie) de nombreuses plantes et espèces animales. Ces études basées sur l’ADN permettent de connaître les détails de l’évolution des espèces, la manière dont elles se sont diversifiées avec le temps. L’Homme responsable d’une extinction massive ?

Les scientifiques ont déterminé l’ordre de grandeur d’un « taux normal d’extinction » pour la période d’avant l’Homme : il serait de 0,1 extinction par millions d’espèces et par an. C’est dix fois moins que les chiffres précédemment considérés, durant les années 90, qui évaluaient ces taux passés à une extinction par millions d’espèces et par an. Par comparaison, aujourd’hui, les auteurs de l’étude citent le chiffre de 100 extinctions par millions d’espèces et par an, soit… mille fois plus qu’avant l’Homme.

Ce n’est pas la première fois que le chiffre de mille fois le taux normal d’extinction est cité. Fin mai, un article paru dans la revue « Science » sur l’extinction des espèces (dont l’auteur principal est l’un des cosignataires de l’étude menée par de Vos) l’évoquait déjà, tout en mettant l’accent sur les dangers que court la biodiversité actuelle, et le rôle de l’Homme dans la baisse de celle-ci. Y étaient notamment montrées du doigt la croissance de la population humaine et de sa consommation de ressources par tête.

-  Lire la suite de l’article « Les espèces disparaissent 1.000 fois plus depuis que l’Homme existe » par Jean-Paul Fritz du 03-09-2014 sur tempsreel.nouvelobs.com

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